Room Deluxe : Le Repaire du Nabab

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Bienvenue dans l’antre du Repaire de Nabab avec cette chambre Luxe de 35m2 dont la hauteur sous plafond valorise des charpentes massives en bois brut. Elle est composée d’un coin repas et d’une salle de bain ouverte intégrant double vasque, baignoire d’angle, sèche serviette et sèche cheveux. Elle est équipée d’un lit Queen Size de 160.

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Un peu d'histoire

Les premiers voyages

René Madec naquit en 1736, huitième enfant de François Madec, maître d’école et de Corentine-Manon Melin, tenancière d’auberge. Pendant son enfance, il est plus attiré par l’activité des quais du port de Quimper que celle de l’école, son avenir de marin est décidé.

À l’âge de 9 ans, il embarque pour la première fois pendant quatre mois, sur un caboteur de vin. À l’issue de ce premier contact avec la mer, son père lui fait suivre des cours de navigation et d’hydrographie dans le but d’intégrer le Bataillon d’Orient de la Compagnie des Indes, avec le grade d’officier. Il n’a que 11 ans quand il embarque à destination de Saint Domingue.

Matelot et soldat

En 1750 nouveau départ de Lorient à destination de Pondichéry, ce séjour de quelques mois l’imprègne pour toujours des charmes de l’Inde. De retour en Bretagne, il n’a pour seul projet que retourner dans ce pays exotique. Dès son arrivée en 1752, il rejoint l’armée de Dupleix qui affronte les troupes britanniques, parties à la conquête du territoire indien. Après de nombreux engagements armés, la paix entre Français et Britanniques est signée ; Dupleix, désavoué, retourne en France. Madec, après avoir servi comme soldat pendant trois ans, songe à rentrer chez lui, mais il ne parvient pas à dépasser l’Ile Bourbon où doit s’engager comme matelot pour faire du transport entre les îles de l’océan Indien.

En 1756, la guerre reprend entre les belligérants, Madec regagne Pondichéry, après avoir servi dans la marine de commerce, il entre dans la marine de guerre. Quand il apprend que son escadre va regagner l’Ile Maurice (alors île de France), il décide de déserter et il gagne le continent à la nage. Il s’engage dans le bataillon de marine formé par le chevalier du Pouët où il est nommé au grade de sergent et le 11 décembre 1758, les troupes françaises arrivent à Madras pour assiéger les Britanniques ; l’opération dure quarante cinq jours, c’est un échec. Commence alors une longue errance guerrière et aventureuse à travers différentes régions, Madec se voit confier le commandement d’une troupe de 400 cipayes. En 1760, Lally Tollendal, qui se trouve dans une situation délicate, fait appel au Breton dont il a entendu parler des exploits et de sa témérité et le fait entrer aux grenadiers à cheval. Un fantaisiste projet d’attaque de Madras est mis sur pied, mais les troupes françaises sont contraintes de s’enfermer dans la forteresse de Gingy et capitulent au bout de cinq mois. Madec est fait prisonnier par les Britanniques et enfermé au fort de Madras. Afin de sortir de prison et de ne pas y mourir de faim, il accepte, ainsi qu’une centaine de prisonniers français, de s’engager dans les troupes ennemies. Il est envoyé à Calcutta où il reste en garnison pendant un an. Il met ce temps à profit pour étudier les dialectes locaux, les coutumes et la situation politique du pays. Après avoir participé à la déroute de l’armée du nabab du Bengale : Kassem-Ali-Khan pour le compte des Britanniques, il prend la direction d’une mutinerie qui gagne le camp du nabab vaincu, près de Bénarès, où sont aussi présents le Grand Moghol Shâh Âlam II et le vizir Sudjah Dowlah. C’est le début de sa carrière de chef de guerre, de conseiller influent et de sa fortune.

Nabab

En 1764, il est à la tête d’une armée privée, forte d’environ 1 500 hommes qu’il met au service des rajah puis du Grand Moghol lui-même. Parallèlement à ses activités guerrières, il commence à se bâtir une fortune colossale. Au début de 1766, il épouse la fille d’un conseiller du prince Shuja, Marie-Anne Barbette, âgée de 13 ans, dont la famille est d’origine française, les noces et les festivités semblent avoir été excessivement fastueuses et dispendieuses.

Vers 1767, il soutient les Jats dans le conflit qui les oppose aux Rajputs, ses victoires décisives sont très largement récompensées en argent et en or, ce qui lui permet d’acheter un palais à Bhaktapur, dans lequel il s’installe avec son épouse et leur fils qui vient de naître en 1768, Balthazar-René-Félix. Une nouvelle victoire lui vaut le titre honorifique de Panchazari et sa fortune considérable lui fait envisager son retour en France. Mais le représentant du gouvernement français à Chandernagor souhaite un rapprochement avec les princes indiens dans le but de contenir les Britanniques et éventuellement les expulser du Bengale. Madec repart en guerre pour le compte de l’empereur Moghol, Shâh Âlam II, qui l’honore du titre de nabab, en remerciement des services militaires rendus. Il lui confère aussi le titre de Bocci, qui le place au troisième rang de la hiérarchie impériale, juste après le Grand Vizir et le dote d’un vaste jaguir (sorte de fief). Son armée compte maintenant 6 000 hommes, il est devenu un des hommes les plus importants et les plus influents de l’Hindustan. Avec sa famille, qui s’est agrandie d’une fille, Marie-Anne, il vit quelques temps à Delhi, puis à Hyderabad, il arrive enfin à Pondichéry en février 1778. Il s’engage, une fois encore, lors du siège de la ville et le blocus du port les Britanniques. Le 18 octobre, c’est la capitulation, deux mois plus tard, muni d’un sauf-conduit, Madec quitte l’Inde et revient en France.

Dernières années à Quimper

Le 11 janvier 1779, c’est le départ pour la France, sur le Brisson. Après une escale à l’île Maurice, le bateau arrive en Europe où il est attaqué au large de l’Espagne par des corsaires britanniques. Fait prisonnier, René Madec est détenu deux mois en Irlande. Débarqué à Lorient, il se rend à la cour à Versailles où il doit remettre à Louis XVI qui le reçoit, le rapport du gouverneur Guillaume Léonard de Bellecombe, sur le siège de Pondichéry. On l’informe que depuis 2 ans (1er janvier 1777), il a le grade de colonel et qu’il est reçu dans l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il est, peu de temps après, anobli par le roi. René Madec se retire à Quimper, muni de sa fortune et s’installe dans un hôtel particulier (au n° 5 d’une rue qui porte aujourd’hui son nom). Il acquiert deux domaines, Coatfao en Pluguffan et Prat an Raz en Penhars, où il fait reconstruire le château. En 1782, naissance d’une fille, Marie-Henriette. Il meurt le 28 juin 1784 des suites d’une chute de cheval, son épouse lui survit jusqu’en 1841.

L’artiste Bartabas s’est inspiré de la vie de René Madec pour son spectacle équestre Voyage aux Indes galantes, en 2005 au château de Versailles.